« SI SE PUEDE » : Auto-persuasions, prophéties auto-réalisatrices, ce qui a pesé avant le match Barça-PSG

D’un côté, un club qui, par sa culture, entretien l’autopersuasion de sa réussite. De l’autre, un club en construction qui laisse ses joueurs s’auto-saboter. Au final des prophéties qui se sont toutes réalisées…

PSG.
4 joueurs.
Des cadres.
Cocas Citrons.
Pizzas italiennes.
L’ambiance est bonne.
Le courant passe bien entre eux.

Un point fort pour la cohésion d’équipe !

Pourtant…

Le contenu des échanges montre comment des joueurs peuvent, sans en avoir conscience, programmer leur subconscient avec le scénario tant redouté.

Après coup, cette vidéo peut prêter à sourire pour les détracteurs du PSG.
Elle prête aussi à analyse pour tous ceux qui aiment comprendre les rouages de la performance.

Cette discussion entre quatre joueurs titulaires est révélatrice du travail qui reste à mener au PSG.

Pensez vous que ces joueurs auraient eu la même discussion si, au match aller, ils avaient gagné 4-0 contre le club de Galatasaray ?

Pensez vous également que les cadres du Barça auraient eu cette discussion s’ils avaient gagné 4-0 à l’aller chez eux contre le PSG ?

Bien sûr que non.

Cette discussion révèle que les joueurs se sont littéralement fait embarquer dans une zone d’incertitude par le Barça, par les médias et par manque de préparation psychologique.

Divers éléments ont pu contaminer les esprits :

> Les débats interminables sur la possibilité ou l’impossibilité de faire une telle « remontada ».

> Les derniers matchs du Barça gagnés magistralement avec un écart conséquent.

> Les supporters catalans qui ont scandé aux joueurs après chaque match « Sí se puede. Sí se puede. Sí se puede » tel un puissant mantra pour inciter leur équipe à réaliser l’exploit : « Oui, on peut le faire. Oui, on peut le faire. Oui, on peut le faire ».

> Les déclarations des joueurs et de l’entraîneur du Barça comme Luis Suarez :

Si une équipe peut renverser un tel score, c’est bien le Barça. Voilà une occasion rêvée de marquer l’histoire de ce club et du football mondial
Luis Suarez
Nous croyons en la remontada
Luis Enrique

Les joueurs du PSG ont plongé tête première dans cette zone d’incertitude et de doute émotionnel bien avant la rencontre comme en témoignent ces échanges au restaurant.

Du côté du Barça, les joueurs, le staff, les supporters et les média ont construit une formidable machine énergétique dont le carburant était l’auto-persuasion.

Cela s’est tout de suite vu à leur façon de jouer.

Car, oui, ils ont joué.

Sans aucun doute, ils ont joué.

Ils ont joué jusqu’à la fin.

Ils ont su se créer une zone de confiance.

Une zone où tout devient possible.

Une zone proportionnellement inverse à la zone de doute du PSG.

Une zone où chacun devient pleinement acteur des événements.

Précisons-le une bonne fois pour toutes, cette zone ne garantit en rien l’obtention du résultat. 

Elle permet d’accéder à la Performance.
Elle permet, quel que soit le résultat, de sortir du match avec une confiance et une estime de soi renforcée.

Si le Barça avait été éliminé en ayant gagné 5-1, ça leur aurait aussi été bénéfique. Ils auraient mouillé le maillot, fait vibrer leurs supporters, honoré les valeurs du club et renforcé leur conviction que tout est possible en sport.

Discours de Pep Guardiola avant la finale de Champions League 2009 (le Barça gagnera 2-0 contre Manchester United)

À l’inverse pour les joueurs du PSG, une défaite 5-1, aurait aussi entamé leur confiance et leur estime, ils auraient déçu leurs supporters et renforcé leur croyance qu’ils ne sont pas si forts que ça…

Au final, outre les petites polémiques sur l’arbitrage (et oui, l’homme en noir est un humain qui a aussi pu être emporté par la furie catalane et prendre des décisions… arbitraires), le score n’est pas en question. En tant que psychologue, ce n’est pas ce qui m’intéresse en premier lieu.

Ce qui m’intéresse, c’est la performance.

Le Barça a été ultra performant et le PSG extrêmement contre-performant. Qui pourrait contester ce fait ?

Les médias dissertent sur les résultats avant même qu’ils ne se jouent.

Des présidents ou des hommes politiques exigent la victoire à tout prix.
Pour gagner, il faut des « couilles ».

OK.

Heureusement, en sport, ça ne marche pas comme ça.

Exiger la victoire bloque littéralement l’accès aux performances.

Cela parait contre-intuitif.

Pour certains, difficile à comprendre (et ils recommencent leurs erreurs).

Pour espérer gagner…
Il faut arrêter de se concentrer sur le résultat.

Le résultat est toujours quelque chose qui arrive au bout d’un processus.

Et ce processus s’appelle la performance.

Pour être performant, il faut permettre à son corps de s’exprimer dans l’instant présent.

Il faut le mettre en confiance.

Lui rappeler ses forces.

Lui proposer une stratégie simple et concrète.

Lui parler de conquête, de défi précis à relever.

Tenir un résultat ?

Défendre un titre ?

Trop abstrait pour lui.

Stressant.

Comme en atteste cette discussion, les joueurs parisiens se sont beaucoup concentrés sur le résultat final. Ils ont calculé. Ils ont spéculé. Ils ont imaginé différents scénarios. Ils s’en sont imprégnés. Toujours en rapport avec l’image distordue qu’ils avaient du Barça (et du terrain).

Ils n’étaient pas centrés sur eux.

Ils sont allés au Camp Nou pour voir si leur scénario fantasmatique allait se réaliser ou non.

Spectateurs.

Les joueurs du Barça, eux, y sont allé pour jouer au football.

Acteurs.

Alors, la faute à qui ?

Au manque de professionnalisme concernant la gestion psychologique des joueurs et du groupe.

Je me rappelle, en 1991, avant la finale de la Coupe Davis entre la France et les USA, Yannick Noah avait réunit les joueurs dans un camp d’entraînement et avait interdit la lecture de la presse.

Les joueurs s’étaient centrés sur eux.

Sur leurs forces personnelles et non sur les compétences énormes de leurs adversaires (Agassi et Sampras).

Ok, le monde a évolué et les moyens de communication aussi.

S’il est devenu impossible de couper les joueurs du reste du monde, cela signifie que le travail de préparation psychologique doit être encore plus important…

Le Barça travaille avec un psychologue depuis plus de 20 ans…

Les All Blacks aussi.

Un hasard ?

Pour atteindre les sommets et espérer « gagner », l’argent ne suffit pas… et ne pas respecter les principes psychologiques fondamentaux de la performance se paie toujours très cher.

Je ne sais pas quel était le montant de l’addition dans le restaurant…

En tous cas, l’addition au Camp Nou a été très salée.

> Pour se motiver…

Cette B.O. du film Rocky IV aurait pu servir aux joueurs du Barça après le match aller.

Désormais, elle pourrait servir aux joueurs du PSG…

Il n’y pas de sortie facile…
Il n’y a pas de raccourcis…
Donner, donner ne peut être mauvais…

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